La démocratie des Athéniens

La cité athénienne est étudiée à la fois comme une puissance militaire (qui prend la tête des cités de l'Egée et de l'Asie mineure après les guerres Médiques, qui les opposent aux Perses, également appelés Mèdes, au début du Vè s. av. J-C), économique (par le tribut que lui versent les cités alliées) et culturelle (comme en témoignent notamment les réalisations du sculpteur Phidias) et comme le lieu d'une expérience singulière dans le monde grec, celle de la démocratie.

Située au Sud de la Grèce, sur la côte Ouest de l'Attique, Athènes est une cité portuaire. Son territoire se divise entre une ville fortifiée et reliée (à partir du milieu du Vè s.) à son port, le Pirée, par des murailles, et un territoire rural environnant. L'ensemble s'étend sur moins d'une centaine de km du Nord au Sud et de 80 km d'Est en Ouest. La ville elle-même a une longueur Nord-Sud de près de 3,5 km et Est-Ouest de 3 km.

De la puissance au déclin

Au début de la période couverte par les programmes de 6è et de 2nde (Vè-IVè s. av J-C), Athènes est une thalassocratie : elle domine un empire maritime, la ligue de Délos, une alliance créée en 477 av. J-C, au lendemain des guerres Médiques (490/480 av. J-C). 

Athènes impose à ses cités alliées un régime démocratique, installe des garnisons et des colonies militaires pour assurer leur défense et perçoit un tribut en argent, constituant le trésor de la ligue, initialement conservé à Délos mais transféré à Athènes au milieu du Vè s. av. J-C. Le Vè s. est le siècle d'or athénien, également appelé siècle de Périclès, du nom du stratège (commandant civil et militaire) qui domine la vie politique de 461 à 429 av. J-C, date de sa mort.

La ligue de Délos en 431 av. J-C.      By Marsyas/Wikimedia [CC BY-SA 3.0]
La ligue de Délos en 431 av. J-C. By Marsyas/Wikimedia [CC BY-SA 3.0]

Cette suprématie est perdue par Athènes au lendemain de la guerre du Péloponnèse, dans laquelle elle s'engage contre Sparte en 431 av. J-C et qui se termine en 403.

En 338 av. J-C, le roi macédonien Philippe II (père du futur Alexandre le Grand) bat les Grecs à Chéronée et impose sa domination à la Grèce. Athènes essaye de se révolter contre la Macédoine en 323 av. J-C, après la mort d'Alexandre le Grand, mais elle est battue et se voit imposer un régime non-démocratique.

Une démocratie directe exercée par une minorité d'habitants

Les citoyens athéniens sont une minorité de la population: ils ne sont jamais plus de 10% des 200 à 350 000 habitants que compte la cité aux Vè et IVè s. av. J-C. En effet, seuls sont citoyens les hommes âgés de plus de 18 ans, de condition libre et eux-mêmes enfants de citoyens. Les femmes, les esclaves, mais aussi les métèques (originaires d'autres cités grecques) ne sont pas jugés aptes à exercer la citoyenneté.

A Athènes, aux Vè et IVè s. av. J-C, les citoyens exercent le pouvoir politique sans intermédiaire: ils siègent à l'Ecclesia, assemblée qui vote les lois, décide la guerre et la paix et élit ou tire au sort le personnel politique. C'est donc une démocratie directe.

L'Ecclésia se réunit sur la colline de la Pnyx. Les votes se font à main levée, après l'intervention des orateurs, dont la durée est limitée et mesurée à l'aide d'une clepsydre.

Les citoyens peuvent également siéger dans les tribunaux. Une rétribution, le misthos, était versée aux citoyens pour les encourager à participer à la vie politique (pour les plus pauvres, en effet, le temps passé à l'Ecclésia ou dans les tribunaux était un manque-à-gagner).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La clepsydre, ici reconstituée et exposée au musée de l'Agora antique d'Athènes, est une horloge à eau. Le temps est écoulé lorsque le premier récipient s'est entièrement vidé dans le second. Il suffit alors d'inverser les deux.

 

By Marsyas/Wikimedia [CC BY-SA 3.0]

Des citoyens-soldats

La citoyen athénien est aussi un soldat. Il entre dans la citoyenneté par l'éphébie, une période de deux ans durant laquelle il subit un entraînement militaire. En cas de guerre, les Athéniens participent à l'armée en fonction de leur fortune. Les plus riches sont cavaliers, les plus pauvres rament sur les trières (les navires de guerres, fondement de la puissance athénienne). Les autres sont hoplites: c'est des fantassins lourdement armés qui se battent dans une formation militaire appelée phalange.

L'armée est un lieu où s'affirme symboliquement l'unité de la cité. La cohésion de la phalange d'hoplites, qui marche en cadence au son de l'aulos (une sorte de flûte), est indispensable à la victoire.

A Athènes, les citoyens les plus pauvres se laissent convaincre par les discours bellicistes (favorables à la guerre) des démagogues (des personnages qui utilisent l'art oratoire pour manipuler les foules). En effet, en temps de guerre, il reçoivent une solde (un salaire) contre leur service comme rameurs sur les trières.  

Sur ce vase grec du VIIè s. av. J-C, on voit s'affronter deux phalanges. Remarquez les casques, les cuirasses et le lourd bouclier rond.

L'image ne permet pas de voir l'épée, qui venait relayer la lance dans les corps à corps.

La perspective employée est par ailleurs trompeuse: l'hoplon, bouclier rond, protégeait seulement une partie du corps de l'hoplite et le corps de son voisin. Cela obligeait les fantassins à conserver leur cohésion en se serrant les uns contre les autres. Les phalanges, lorsqu'elles entraient en contact, se poussaient l'une l'autre, cherchant à disloquer la formation de l'adversaire. C'est alors que s'engageait le corps à corps. A l'extrémité gauche, on voit le bras droit de l'aulète et sa flûte double, qui donne la cadence.

La bataille de Marathon, événement-symbole de la puissance de la phalange athénienne











Au Vè s., l'Empire perse s'étend sur une large partie de l'Asie de l'Ouest, de la mer Méditerranée à l'Inde et sur une partie de l'Egypte.


By Eskaybe/Wikimedia [CC BY-SA 3.0] 

Deux guerres dites "Médiques" opposent les Grecs aux Perses, en 490 et en 480 av. J-C. Athènes s'illustre lors de ces deux épisodes, en remportant les batailles terrestre de Marathon (490) et navale de Salamine (480).

La bataille de Marathon se marque par une forte infériorité numérique grecque: près de 10000 Athéniens, aidés de près de 1000 Platéens (cité de Béotie, une région de Grèce centrale, voisine de l'Attique, par le Nord) en face de 25 000 Perses. Les Athéniens attendent des renforts de Sparte (ville du Péloponnèse, une région du Sud de la Grèce), provisoirement empêchée d'envoyer des hommes par la trêve sacrée (interdiction de tout combat) qui accompagne une fête religieuse (les Karneia).

Les Perses ont attaqué la Grèce en raison de la révolte de l'Ionie, une région au centre de la côte de l'Asie mineure, dont les cités, habitées par des Grecs, sont soumises à leur empire. Pour combattre Athènes, qui a apporté son aide aux cités soulevées contre eux, ils débarquent au Nord-Est de l'Attique, dans la baie de Marathon.

Deux archers perses. Détail d'une frise du palais de Darius à Suse (Sud de l'actuel Iran). Fin du VIè s. av. J-C.

La force de l'armée perse repose sur une infanterie (corps de soldats à pied) légère, sans véritable armement défensif et très mobile d'archers encadrée sur les flancs de troupes de cavalerie. 

Dans l'image, les deux archets, munis d'une lance, d'un arc et d'un carquois, n'ont ni casque, ni cuirasse ni bouclier.












By Jastrow (2005)/Wikimedia [Public domain]

Les Perses auraient peut-être rembarqué leur cavalerie, envoyée de l'autre côté de l'Attique prendre Athènes. C'est donc contre une infanterie perse livrée à elle-même que les Grecs auraient remporté la bataille: les flèches des archers perses sont peu efficaces face à leur armement défensif et la poussée de la phalange, qui franchit à toute vitesse les 1500 mètres qui séparent les deux armées, a vite fait de disloquer les rangs adverses. Les Perses battent en retraite et sont poursuivis jusque dans la mer par les hoplites ou vont se noyer dans les marais qui bordent le champ de bataille.

Un messager est envoyé à Athènes, située à une quarantaine de kilomètres, porter la nouvelle de l'attaque perse qui se prépare contre la ville. C'est de là que vient le nom de notre épreuve de course à pied, le marathon.

La fête des Panathénées, entre célébration de la cohésion civique et démonstration de la puissance athénienne







Le Parthénon, au sommet de la colline de l'Acropole, domine Athènes de ses dimensions imposantes: 69 m de long, 38 mètres de large et 10 mètres de haut. Sa construction dure 9 ans, entre 447 et 438.

By Steve Swayne (1978)/Wikimeida [CC BY 2.0]

La fête des Panathénées, organisée en l'honneur d'Athéna, réunit tous les ans l'ensemble de la population athénienne, étrangers et esclaves compris. Tous les quatre ans, les Grandes Panathénées s'accompagnent de jeux, sur le même modèle que les jeux de Delphes (voir l'article "Qui étaient les Grecs dans l'Antiquité?").  

La fête s'accompagnait d'une procession, qui partait de l'extérieur des fortifications pour aller sur l'Acropole, remettre à la statue d'Athéna le peplos, une tunique tissée par les jeunes filles de la cité. 

C'est à l'occasion de la fête que les alliés de la ligue de Délos venaient également verser le tribut en argent.

La frise du Parthénon retrace la procession des Panathénées sur le plus grand temple d'Athènes, construit par Phidias à la demande de Périclès. Elle illustre à la fois le caractère sacré de la fête et la puissance athénienne. En effet, les temples de l'Acropole, saccagés par les Perses en 480, sont reconstruits, sur l'ordre de Périclès, avec l'argent du trésor de la ligue de Délos.

Cette frise se trouve aujourd'hui en grande partie au British Museum de Londres.








Réalisée par l'atelier de Phidias entre 442 et 438, la frise du Parthénon (ici exposée au British Museum), entièrement sculptée dans le marbre, faisait 160 m de long.


By M. Chohan (2005)/Wikimedia [CC BY-SA 3.0]

Pour approfondir

-Sur la bataille de Marathon, voir l'article de Wikipedia, qui s'appuie sur les récits littéraires et propose un plan de la bataille. On trouve aussi une information simplifiée sur Vikidia.


-Sur la frise des Panathénées, on peut consulter le site du British Museum, qui raconte l'arrivée des fragments à Londres et le conflit qui oppose la Grèce au Royaume-Uni à leur sujet. On peut également lire l'article de Wikipedia (version  simplifiée sur Vikidia). L'encyclopédie en ligne consacre également un article à la fête des Panathénées (version simplifiée sur Vikidia).


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