La hiérarchie urbaine française et son évolution

Par "hiérarchie urbaine", on désigne la taille des villes d'un espace donné les unes par rapport aux autres, mais aussi l'influence que ces villes exercent les unes sur les autres et sur l'espace qui les entoure, c'est-à-dire leur place en tant que métropoles (voir Glossaire).

Ici, nous nous contenterons d'analyser la hiérarchie urbaine de façon simple, en partant de la taille des villes et de son évolution entre les deux derniers recensements.

La carte ci-dessous est le corrigé d'un exercice de cartographie réalisé à partir des bases statistiques de l'Insee sur la population des aires urbaines (voir Glossaire). Pour retrouver l'exercice, cliquez ici et allez à l'étape 3 du Jeu de cartes.

Le poids écrasant de Paris

La première chose qu'on remarque est la disproportion de taille entre Paris (qui compte 12.3 millions d'habitants) et les autres villes. La deuxième plus grande ville, Lyon (2.2 millions) est presque 6 fois plus petite. Quand à la 12è ville, Rouen (0.7 millions) elle est 17 fois plus petite que la capitale.

Par ailleurs, on remarque que les plus grandes villes après Paris (Lyon et les villes millionnaires, Marseille, Toulouse, Lille, Bordeaux et Nice) sont toutes en position périphérique.

En dehors de Rouen, on ne trouve aucune autre grande ville de plus de 500 000 habitants dans les environs de la capitale.

Une telle situation s'explique par l'héritage jacobin de la Révolution française: Paris, jusqu'au milieu du XXè s., a concentré l'activité politique, administrative, culturelle et économique.

C'est seulement dans les années 1950 que l'industrie a commencé à quitter la capitale pour se diffuser vers l'ouest (on appelle cela la déconcentration industrielle). Et il faut attendre les années 1980 pour voir se mettre en place une politique de décentralisation administrative.

Les grandes aires urbaines périphériques correspondent par ailleurs aux métropoles d'équilibre, mises en place à partir des années 1960 pour rééquilibrer le réseau urbain.

En effet, jusqu'au milieu du XXè s., les seules villes qui s'imposent à côté de Paris sont Lille, au coeur d'un bassin minier hérité de l'âge de la première industrialisation (fin XVIIIè-début XIXè s.), Lyon, ville à la fois industrielle et tertiaire qui bénéficie de sa situation sur l'axe du Rhône, à la jonction entre Méditerranée et Europe du Nord et Marseille, grand port méditerranéen de la France.

L'évolution de la hiérarchie urbaine

Si la hiérarchie urbaine est relativement stable dans le temps (l'aire urbaine de Paris continue aujourd'hui d'être le lieu de résidence d'un Français sur cinq), les évolutions de la population des aires urbaines entre deux recensement nous permettent d'analyser l'attractivité des villes.

Or la carte ci-dessus fait ressortir trois grandes oppositions. Les deux premières, entre le Nord et le Sud et entre Paris et la périphérie, sont entre des villes qui sont peu ou pas attractives et des villes qui voient augmenter fortement voire très fortement (comme Toulouse), leur population. La troisième concerne les villes de l'Ouest, opposées à toutes les autres: elles forment nettement l'ensemble le plus attractif de l'ensemble du territoire.

Le classement des 12 premières urbaines s'en trouve affecté entre 1999 et 2012: Lille perd sa 4è place au profit de Toulouse et Rennes ravit sa 10è place à Rouen, devenue 12è après Grenoble.


Comment expliquer alors ces évolutions ?

D'abord, intervient la crise qui touche, depuis les années 1960, les bassins industriels hérités du début du XIXè s: elle explique la très faible attractivité des villes industrielles du Nord. Intervient également la transition, depuis les années 1970, d'une économie industrielle à une économie post-industrielle, marquée par le développement de l'industrie hi-tech (ou de pointe) et le monopole croissant sur l'économie et l'emploi des activités tertiaires.

Les anciens centres économiques, Paris et les villes de la moitié Est du territoire, attirent moins aujourd'hui.

Enfin, l'Ouest bénéficie d'un engouement lié au caractère récent de son industrialisation, nettement orientée vers l'industrie hi-tech: télécommunications, aéronautique, aérospatiale. Mais l'attractivité des villes du Sud-Ouest tient également à un phénomène d'héliotropisme (attirance pour un climat ensoleillé, donc doux et favorable aux loisirs extérieurs), combiné, dans le cas de Toulouse, à un fort développement des industries de pointe.


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Commentaires: 2
  • #1

    bonjour (dimanche, 18 mars 2018 10:07)

    merci beaucoup

  • #2

    Bin (lundi, 19 mars 2018 11:47)

    Merci beaucoup pour mon reportage !