La crise de Mai 68 en quelques mots

La crise de Mai 1968 met fin à la décennie gaulliste. Celle-ci s'inscrit dans une tension sociale et culturelle liée à la fois à la croissance économique et à l'accession croissante des jeunes issus du baby boom (vague de natalité qui suit la fin de la Seconde Guerre mondiale) à l'instruction. Cette tension n'est pas spécifiquement française: elle s’exprime dans un mouvement étudiant qui touche tout l'Occident: 

-La génération du baby boom critique le monde de ses parents : la société de consommation, les inégalités, la morale traditionnelle, l’autorité (dans la famille, dans l’enseignement, dans les relations hiérarchiques au travail).

-Elle adopte une nouvelle apparence (jean, cheveux longs) et de nouvelles pratiques culturelles (musiques rock et pop).

-Elle rejette l’impérialisme américain (incarné par la guerre du Vietnam) et est fascinée par les mouvements révolutionnaires du Tiers-monde.

-Chez les étudiants, on voit se multiplier les petits groupes gauchistes d’inspiration marxiste ou anarchiste.

 

La crise de Mai 1968 se déroule en 3 phases: une phase étudiante (de mars à mai), une phase sociale (deuxième moitié de mai) et une phase politique (au mois de juin) :

 

-Le mouvement étudiant part de Nanterre, où les étudiants occupent le bâtiment administratif. Le mouvement entraîne la fermeture de Nanterre puis de la Sorbonne et l’intervention de la police. On assiste à une multiplication des occupations, des tracts et affiches, des manifestations et des affrontements avec la police. Les dirigeants du mouvement sont des étudiants (comme Daniel Cohn-Bendit) et des enseignants d’extrême gauche.  

 

-Les ouvriers finissent par se mettre en grève, par solidarité avec les étudiants et syndicats ouvriers et étudiants défilent ensemble. Ensuite, les grèves se multiplient, en partant de la base (sans mot d'ordre syndical). Le mouvement ouvrier aboutit  à une grève générale le 20 mai, avec 10 millions de grévistes, du jamais vu. La grève aboutit aux accords de Grenelle, très favorables aux ouvriers, mais jamais appliqués.

  

-Syndicats et partis politiques exigent des réformes de structure et François Mitterrand (socialiste) réclame au nom de toute la gauche un gouvernement provisoire. De Gaulle dénonce « un complot de l’étranger » et annonce la dissolution de l’Assemblée. Le soir même, une immense manifestation de soutien à DG a lieu sur les Champs Elysées. Avec la préparation des élections, les syndicats appellent au calme et les grèves cessent au cours du mois de juin.

 

Les élections de juin 1968 sont provoquées par la dissolution, décidée par de Gaulle, de l'Assemblée nationale. Elles aboutissent à une victoire très nette des gaullistes, qui ont la majorité absolue à la Chambre. C’est leur meilleur score depuis le début des années 1960. Ces résultats s’expliquent par la peur de l’électorat. Les partis de gauche ont été assimilés aux « révolutionnaires » (c’est-à-dire aux étudiants gauchistes).

 

Malgré tout, on assiste à une tentative de réforme de l’université (qui reçoit plus d’autonomie) et un renforcement de la participation des salariés aux bénéfices de l’entreprise. Mais en avril 1969, de Gaulle propose un référendum portant sur la réforme du Sénat et des régions.

L’idée provoque une opposition générale, à gauche, au centre et chez les gaullistes. Le non l’emporte (53%), DG démissionne le 28 avril 1969 et meurt le 9 novembre 1970.


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